Les ostéochondrites
Terrain : apparition vers l’âge de 10 ans plus souvent chez le garçon.
Atteinte préférentielle du condyle fémoral interne; parfois du condyle fémoral externe et de la rotule. Il s’agit d’une nécrose osseuse sous-chondrale (juste sous le cartilage) plus ou moins étendue, en cours de réparation avec parfois secondairement rupture cartilagineuse.
Signes fonctionnels
- Epanchement intra articulaire (hydarthrose)
- Douleurs
- Instabilité qui correspond à une mobilité du fragment
- Blocage qui correspond à un corps étranger mobile dans l’articulation
Imagerie
Radiographie de face et de profil : image lacunaire
IRM précise les lésions en affirmant le diagnostic
Evolution
Guérison spontanée en 6 à 24 mois. Survient le plus souvent si le patient est jeune et que la lésion est petite. Surveillance IRM tous les 6 mois.
Rupture cartilagineuse avec instabilité et/ou libération d’un séquestre dans l’articulation à l’origine de blocage du genou.
Traitement
Arrêt de sport et surveillance si lésion stable et cartilage de croissance ouvert.
Chirurgie si lésion instable ou si l’ostéochondrite ne guérit pas spontanément après 2 ans d’arrêt de sport.
Perforation à l’aide de broche qui vont faire saigner l’os pour combler la niche d’un tissu fibro-cartilagineux.
Mosaïcplasty : prélèvement de greffon ostéo-cartilagineux cylindrique en zone non portante (sur la trochlée fémorale) et implantation de ces greffons au niveau de la niche.
Transplantation de chondrocytes autologues. Technique possible uniquement dans 6 centres en France car très onéreuse et en évaluation. Elle consiste à prélever des chondrocytes du patient, à les mettre en culture pendant 6 semaines et à les réinjecter dans la niche qui aura préalablement été fermée de manière hermétique. 2 opérations sont donc nécessaires.
La fracture des épines tibiales chez l’enfant
4 stades de gravité ont été identifiés par Mc Keever et c’est en fonction de ces différents stades qu’un traitement sera adapté. Cette classification se fait sur une radiographie de profil en fonction du déplacement de la fracture.
Clinique
Mécanisme : traumatisme en hyperextension ou en valgus rotation externeImpotence fonctionnelle immédiate avec épanchement intra- articulaire.
Les radiographies de face et surtout de profil font le diagnostic.
Traitement
Il est réalisé en fonction du stade de Mc Keever :
Stade I : Traitement orthopédique : immobilisation cruro pédieuse en flexion de 10 20° pendant 6 semaines. Appui contre indiqué.
Stade II : Réduction au bloc opératoire sous anesthésie générale. Si la réduction est correcte immobilisation en extension complète pendant 6 semaines. Si réduction incomplète réduction de la fracture sous arthroscopie ou à ciel ouvert puis attelle pendant 6 semaines.
Stade III et IV : Réduction au bloc opératoire à ciel ouvert ou sous arthroscopie
Complications
Pseudarthrose de la fracture : absence de consolidation nécessitant une nouvelle intervention.
Déplacement secondaire de la fracture pouvant provoquer un flessum (impossibilité d’étendre complètement la jambe) et un cal vicieux (consolidation en mauvaise position).
Laxité résiduelle : souvent le ligament croisé antérieur s’est détendu après le traumatisme et malgré la réduction de la fracture il reste une laxité résiduelle du genou (70% des cas).
La rupture du ligament croisé chez l’enfant
Épidémiologie : Lésion rare chez l’enfant et l’adolescent. En effet à cet âge les ligaments sont plus solides que les os et les patients de cet âge sont plus souvent victimes de fracture des épines tibiales que de lésion ligamentaire.
Néanmoins ces lésions du LCA sont en constante augmentation chez les jeunes qui sont de plus en plus sollicités dans leur sport.
Diagnostic
Mécanisme : entorse en valgus rotation externe ou en hyper extension, parfois en varus rotation interne.
- Perception d’un craquement
- Epanchement intra articulaire inconstant
- Impotence fonctionnelle
Examen clinique
Arrêt mou à la manœuvre de Lachman et ressaut rotatoire externe au jerk test. Possible association de signe d’entorse du ligament latéral interne ou externe et de signe de lésion méniscale.
Radiographie : Normale ou fracture de Segond (sur le bord externe du plateau tibial externe).
IRM : confirme le diagnostic et permet de diagnostiquer des lésions associées :
- Contusion osseuse (bone bruise) sur le plateau tibial externe et le condyle fémoral externe
- Entorse d’un ou des deux ligaments collatéraux
- Lésion méniscale interne et/ou externe
Traitement
Le traitement des lésions du LCA chez l’enfant pose des problèmes en raison du cartilage de croissance présent sur le fémur et sur le tibia. La traversée de ces cartilages peut provoquer une épiphysiodèse (c’est à dire une consolidation du cartilage de croissance) et donc une inégalité de longueur des membres inférieurs.
Le traitement de cette lésion du LCA chez l’enfant était plutôt attentiste il y a quelques années. On demandait à l’enfant d’éviter les activités sportives jusqu’à l’adolescence. Une fois qu’il avait atteint sa taille adulte on lui proposait de réaliser une ligamentoplastie.
Aujourd’hui le traitement est résolument chirurgical car il est très difficile de demander à un enfant de ne plus pratiquer d’activité sportive.
La technique utilisée est le DIDT (droit interne demi tendineux). On ne peut en effet prélever le tendon rotulien avec une baguette osseuse tibiale, cette dernière se modifiant jusqu’à l’âge de 16 à 18 ans. Il faut surtout éviter de traverser le cartilage de croissance en fémoral en effectuant un tunnel uniquement dans l’épiphyse. Au niveau du tibia le cartilage de croissance peut être traversé verticalement et la fixation de la greffe sera au mieux corticale.
Complications
En absence de traitement chirurgical :
- Entorses à répétition
- Lésions méniscales
Si ligamentoplastie : Epiphysiodèse prématurée entrainant une inégalité de longueur des membres inférieurs.
Maladie d’Osgood Schlatter
Définition: C’est une ostéochondrose de la tubérosité tibiale antérieure : inflammation et fragmentation du noyau d’ossification de la tubérosité tibiale antérieure probablement due à un excès de sport. Elle est aussi appelée apophysite tibiale antérieure.
Terrain : Jeune garçon sportif entre 10 et 13 ans.
Clinique
Douleur et tuméfaction au niveau de la tubérosité tibiale antérieure. Au début la douleur apparaît après l’activité sportive pour devenir ensuite permanente.
Imagerie
Souvent des radiographies simples des 2 genoux comparatives de face et de profil suffisent à affirmer le diagnostic. Fragmentation du noyau d’ossification de la tubérosité tibiale antérieure.Evolution
Guérison spontanée dans 90% de cas après l’arrêt de l’activité sportive. Cette guérison se fait néanmoins sur 1 ou 2 années nécessitant un arrêt sportif pendant toute cette période.
Dans 10% des cas il reste des séquelles douloureuses dues le plus souvent à une ossification de l’insertion basse du tendon. L’ablation chirurgicale de cette ossification permet le plus souvent la guérison.
Traitement
En phase chaude : mise au repos du tendon rotulien dans une attelle pendant 6 semaines.En phase froide : Arrêt sportif d’au moins 6 mois. Etirement du quadriceps. Pas de traitement médicamenteux. Cet arrêt peut être difficile à supporter chez les adolescents. Il faut surtout interdire tous les sports qui réveillent les douleurs.
Maladie de Sinding Larsen Johansson
Terrain
Garçon entre 10 et 13 ans sportif. Maladie beaucoup moins fréquente que la maladie s’Osgood Schlatter.
Clinique
Douleur d’apparition progressive au niveau de la pointe de la rotule débutant à la pratique du sport puis apparaissant dans la vie courante. Douleur reproduite à la palpation de la pointe de la rotule
Imagerie
Radiographie simple de face et de profil du genou bilatérales et comparatives.On retrouve un émoussement de la pointe de la rotule.
Traitement
Repos et arrêt de sport pendant 6 semaines. L’attelle n’est pas forcément nécessaire. Etirement du quadriceps. Reprise du sport une fois que la douleur a complètement disparu.